
Sous une verrière, la goutte qu’on voit n’est pas toujours là où l’eau entre. Pour trouver son passage, nous faisons une recherche de fuite au colorant : la verrière est couverte d’eau colorée au fluo, et nous regardons où la couleur ressort. Dans cet article : le test en photos, puis un de nos chantiers de verrière, de la recherche à la réparation.
En bref
- La recherche de fuite au colorant montre par où l’eau passe : on couvre la verrière d’eau colorée au fluo, puis on regarde, à l’intérieur, où la couleur ressort. Refait après les travaux, le même test vérifie la réparation.
- Une verrière compte beaucoup de jonctions : entre les vitrages, avec l’armature, et surtout avec le mur. L’eau peut entrer à un endroit et goutter ailleurs.
- Sur le chantier raconté ici, les points repris étaient des jonctions : vitrage et zinc, zinc et mur, fenêtre de toit, descente d’eau. Au dernier test, plus aucune trace de colorant.
Le problème de départ
Début 2023, à Paris. Une verrière sert de toit à une véranda, contre le mur d’un immeuble, et l’eau passe dessous. La demande, telle qu’elle est écrite dans notre dossier : réparer l’étanchéité du toit de la véranda « à moindres frais ».
Réparer, oui, mais où ? Sur une verrière, reprendre tous les joints au hasard coûte cher, sans être sûr de viser le bon endroit. Il faut savoir par où l’eau passe, puis vérifier que la réparation tient.
Pourquoi une verrière est difficile
Une verrière assemble plusieurs matériaux : du verre, une armature métallique ou en bois, des joints, du zinc, des gouttières. L’Agence Qualité Construction (AQC) le note pour les vérandas, ouvrages proches : ce sont des structures complexes, et toutes les jonctions entre matériaux différents demandent un soin particulier.
Les liaisons avec le bâtiment sont délicates. D’après l’AQC, elles sont souvent à l’origine des infiltrations : une couverture mal recouverte par le profilé fixé au mur, des solins mal faits, des joints absents entre la structure et le mur. Les matériaux, en plus, ne se dilatent pas de la même façon : les jonctions doivent en tenir compte.
Deux autres pièges. L’eau peut courir le long d’un profilé avant de goutter, loin de son point d’entrée. Et toute l’eau sous une verrière n’est pas une fuite : l’AQC rappelle que l’aluminium, très conducteur, peut provoquer de la condensation en dessous.
Enfin, ne montez pas sur une verrière pour l’inspecter. L’AQC le dit pour les toitures : pour des raisons de sécurité, on ne monte pas sur la couverture, et ce travail en hauteur revient à des professionnels.
La recherche de fuite au colorant, en photos
On mélange à l’eau un colorant fluorescent, la fluorescéine, puis on couvre la verrière de cette eau colorée. À l’intérieur, on regarde où elle ressort, parfois sous une lampe UV, qui rend la couleur plus visible. L’eau colorée qui apparaît vient de la zone arrosée : on ne la confond pas avec une autre fuite ou de la condensation. Selon la situation et le besoin, nous faisons ce test pour chercher les fuites des toitures et des verrières.
Les photos de cet article montrent une de nos recherches au colorant sur une verrière. Le colorant est d’abord mélangé dans un seau. Puis la verrière est couverte d’eau vert fluo, jusqu’au rebord du mur.
Le colorant vert fluo mélangé dans un seau, puis la verrière couverte d’eau colorée.
Un seul test ne suffit pas toujours. Sur le chantier raconté ici, il y en a eu trois, à trois moments différents, et nous avons aussi mesuré l’humidité du mur sous la verrière.
Le même test sert aussi ailleurs : sur un toit terrasse, quand une tache grandit à chaque pluie, ou dans une salle de bain, pour voir si l’eau d’une douche ressort au plafond du dessous.
Les points à reprendre
D’après la facture de ce chantier, les points à reprendre étaient des jonctions :
- entre le vitrage et le zinc
- entre le mur et le zinc, au-dessus
- autour d’une fenêtre de toit qui ne s’ouvre pas
- autour de la descente d’eau
C’est aussi aux jonctions, en particulier avec le bâtiment, que l’AQC situe souvent les infiltrations des vérandas.
La réparation
La réparation a porté sur ces points, sans remplacer la verrière :
- une nouvelle étanchéité entre le vitrage et le zinc
- le traitement des interstices entre le mur et le zinc
- une étanchéité liquide sur la fenêtre de toit, et en complément autour de la descente d’eau
- une gouttière neuve en PVC
Au dernier des trois tests à l’eau, plus aucune trace de colorant n’est passée.

Nos reprises d’étanchéité, en photos
Ce qu’il faut retenir pour votre immeuble
- Chercher avant de réparer. Le test à l’eau colorée montre le passage de l’eau : on répare là, pas au hasard.
- Regarder d’abord les jonctions avec le bâtiment : zinc, solins, joints le long du mur.
- Vérifier la réparation par un nouveau test à l’eau.
- Penser à l’évacuation. L’AQC conseille de débarrasser régulièrement les gouttières des feuilles, surtout à l’automne.
- Savoir qui décide. Le règlement de copropriété désigne les parties communes, les parties privatives et, s’il y en a, les parties communes à jouissance privative, réservées à un copropriétaire. C’est là qu’on vérifie le statut de la verrière. En cas d’urgence, la loi permet au syndic de faire réaliser lui-même les travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble.
- Connaître les limites de l’assurance. L’INC indique que les infiltrations par les verrières ne sont pas couvertes par tous les contrats, parfois seulement contre une cotisation supplémentaire. L’AQC précise que l’assurance indemnise les dommages dus à une infiltration accidentelle, jamais la réparation du toit lui-même.
Quand la verrière est trop abîmée pour être réparée, nous la remplaçons.

Sources
- Agence Qualité Construction, « Structures à risques multiples : les vérandas », fiche pathologie bâtiment D.14, édition 2026 (mise à jour en septembre 2026)
- Agence Qualité Construction, « Dégâts des eaux par toitures : comment les éviter ? », Prévention des risques en habitation, fiche n° 9, janvier 2024
- Institut national de la consommation (INC), « L’assurance dégâts des eaux », fiche pratique J 80, publiée le 16 juin 2018
- Service Public (DILA), « Règlement de copropriété », fiche F2589, vérifiée le 8 juillet 2026
- Légifrance, loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, article 18, version en vigueur depuis le 11 avril 2024
Sources consultées le 15 octobre 2026. Cet article donne des repères généraux. Le règlement de copropriété, votre contrat d’assurance et le diagnostic sur place font foi.



