
Une tache s’étend au plafond de la salle de bain, juste sous la douche à l’italienne du logement du dessus. La fuite peut venir de la douche, mais d’autres fuites laissent la même trace. Avant de casser le carrelage, il faut savoir d’où vient l’eau.
En bref
- Une fuite sous une douche à l’italienne peut venir des joints, du siphon ou de l’étanchéité placée sous le carrelage. Un test de mise en eau, élément par élément, aide à trouver d’où vient l’eau, et peut aussi mettre la douche hors de cause.
- Une douche à l’italienne n’a pas de receveur : c’est une étanchéité, sous le carrelage, qui arrête l’eau. Le carrelage et ses joints, seuls, ne sont pas étanches.
- Le dégât chez le voisin se déclare aux assureurs. La réparation de la douche elle-même n’est en général pas couverte par la garantie dégâts des eaux.
Les signes d’une fuite sous une douche à l’italienne
Chez le voisin du dessous : une auréole au plafond de la salle de bain, une peinture qui cloque, un plâtre qui se décolle. Si la trace grandit après les douches du dessus, c’est un indice.
Dans la salle de bain du dessus, l’Agence Qualité Construction (AQC) décrit les premiers signes : de l’humidité au pied des cloisons qui touchent la douche, un papier peint qui se décolle derrière. Les passages d’eau se montrent d’abord aux angles, entre le mur et le sol, ou autour du siphon. Si rien n’est fait, l’eau s’étend, et les dégâts avec.
En attendant la recherche, demandez au voisin du dessus de ne plus utiliser sa douche. L’INC donne ce conseil pour limiter les dégâts.
Joint, siphon ou étanchéité sous le carrelage : les causes fréquentes
L’AQC a recensé les causes des passages d’eau autour des douches à l’italienne :
- Les joints : des joints abîmés dans les angles et autour de la robinetterie. Ce sont les plus simples à reprendre. L’AQC rappelle que les occupants doivent entretenir les joints de finition et les refaire régulièrement.
- Le siphon : un siphon de sol mal adapté, ou une étanchéité mal raccordée sur le siphon.
- L’étanchéité sous le carrelage : absente ou mal adaptée, sans remontée sur le bas des murs, ou limitée à la zone de douche alors que l’eau rejaillit plus loin.
- La pente : trop faible vers le siphon, l’eau file vers les zones non protégées.
- Les traversées de tuyaux dans les murs : leur étanchéité est souvent oubliée, note l’AQC.
Une salle de bain compte aussi d’autres sources d’eau : lavabo, WC, lave-linge, canalisations dans un mur ou dans une gaine. C’est pour ça qu’on teste chaque élément.
Le test de mise en eau
Le principe : mettre en eau un élément à la fois, l’évacuation d’un côté, les joints et le pied des murs de l’autre, puis regarder et mesurer au plafond du dessous. Avec une eau colorée, on reconnaît l’eau qui ressort.
Chez A.T.C. BAT, nous testons aussi le lavabo, les WC et les appareils voisins, et nous mesurons l’humidité à l’humidimètre, au plafond du dessous comme au sol du dessus.
Un exemple tiré d’un de nos rapports de 2024, sans nom ni adresse. Le plafond d’une salle d’eau est mouillé. Au-dessus, la salle de bain a une douche à l’italienne : c’est une piste. Les tests à l’eau colorée sur le lavabo et les WC, et le test des joints de la douche, ne montrent rien. Le siphon de la douche, lui, n’est pas accessible. Le sol de cette salle de bain est presque sec, mais la gaine technique voisine est humide. À l’étage du dessous, nous ouvrons le haut de la gaine : l’humidité se concentre autour d’un tuyau. À l’étage du dessus, dans la gaine, un robinet fuit quand on le manœuvre : l’eau tombe goutte à goutte au sol, sans laisser de coulure. La fuite trouvée n’était pas dans la douche, mais sur ce robinet. Le rapport prévoyait de mesurer à nouveau l’humidité après le changement du robinet, pour vérifier que c’était la seule fuite.
Notre recherche de fuite dans les salles de bains et les WC
Refaire l’étanchéité : quand il faut déposer le carrelage
Il faut déposer le carrelage quand l’étanchéité placée dessous est en cause : elle ne se répare pas par-dessus. Pour un joint ou un siphon, la réparation reste plus limitée. Tout dépend de ce que le test a montré :
- Un joint abîmé se refait.
- Un siphon en cause se reprend ou se change, ce qui peut obliger à ouvrir autour.
- Si l’étanchéité sous le carrelage est en cause, il faut déposer le carrelage, refaire l’étanchéité du sol, la remonter sur le bas des murs, la raccorder au siphon, puis recarreler. Pour les murs carrelés, l’AQC le dit nettement : quand la protection à l’eau sous la faïence manque ou ne convient pas, seule une réfection totale règle le problème.
Les repères de l’AQC pour une douche à l’italienne : une étanchéité au sol raccordée à un siphon prévu pour cela, une remontée d’au moins 10 cm au-dessus du sol fini, et une pente d’au moins 1 % vers le siphon.
Un exemple tiré d’un de nos rapports de février 2021, sans nom ni adresse. Cette fois, la douche était bien en cause : aménagée dans un ancien placard, elle mouillait le plafond du logement du dessous. Sur place, avec l’expert de l’assurance et le gestionnaire, nous avons relevé des carreaux de mosaïque manquants et des joints très abîmés autour de la douche. Il n’y avait pas d’étanchéité au sol, ni de remontée d’au moins 10 cm sur le bas des murs, et un montant en bois était au contact de l’eau. Le rapport concluait qu’il fallait refaire une douche étanche.
Recherche de fuite destructive ou non : quand faut-il casser ?
Qui paie : le logement d’où vient l’eau, le voisin touché
Chacun prévient son assureur, dans le délai du contrat, qui ne peut pas être inférieur à 5 jours ouvrés. Un constat amiable rempli ensemble accélère le dossier, rappelle Service Public.
En copropriété, Service Public indique que la recherche de fuite dans un logement occupé est en principe organisée par l’assureur de l’occupant.
Les dégâts chez le voisin relèvent de la garantie dégâts des eaux. France Assureurs indique qu’elle couvre en général aussi les infiltrations par les joints autour des sanitaires et à travers les carrelages, quand elles viennent de l’utilisation d’une douche, d’une baignoire ou d’un lavabo. L’INC note que ces infiltrations ne sont pas couvertes par tous les contrats, parfois seulement contre une cotisation supplémentaire. Votre contrat fait foi.
La réparation de la douche elle-même, joint, siphon ou étanchéité, n’est en général pas couverte. France Assureurs l’explique : la garantie dégâts des eaux n’a pas pour objet de couvrir l’entretien ou la casse de ce qui a causé le dégât. Si le logement est loué, c’est le bail qui fixe l’entretien à la charge du locataire. Parmi ce qui relève du locataire, l’AQC cite, d’après le décret du 26 août 1987, le remplacement des joints et des colliers, et celui des flexibles de douche.
Recherche de fuite chez le voisin : qui la paie
Un chantier en photos
Sur ce chantier, le sol d’une douche à l’italienne a été entièrement repris :
- Avant : joints encrassés, seuil abîmé.
- Pendant : carrelage déposé, sol mis à nu autour du siphon, étanchéité verte appliquée sur les bords et en remontée sur le bas des murs.
- Après : carrelage refait, joints blancs, grille de siphon neuve.
Dans un autre logement, occupé pendant les travaux, nous avons repris l’étanchéité d’une douche et posé un receveur neuf.
Sources
- Agence Qualité Construction, « Dégradations par l’eau des douches carrelées dites à l’italienne », fiche pathologie bâtiment F.03, édition 2026
- Agence Qualité Construction, « Reprises d’humidité dans les coins douche », fiche pathologie bâtiment F.02, édition 2026
- Agence Qualité Construction, « Dégâts des eaux en salle de bain : comment les éviter ? », Prévention des risques en habitation, fiche n° 2, janvier 2024
- Service Public (DILA), « Assurance dégâts des eaux », fiche F1352, vérifiée le 25 juillet 2025
- France Assureurs, « Assurance habitation : le règlement d’un dégât des eaux », publié le 26 mars 2021
- Institut national de la consommation (INC), « L’assurance dégâts des eaux », fiche pratique J 80, publiée le 16 juin 2018
- Institut national de la consommation (INC), « Dégâts des eaux : que faire ? », publié le 16 avril 2018
Sources consultées le 15 octobre 2026. Cet article donne des repères généraux. Votre contrat d’assurance, le bail et le règlement de copropriété font foi.



